Calais : un homme soupçonné d’avoir agressé une policière relâché faute de traducteur

C’est la loi. Après chaque interpellation, la personne arrêtée doit être avertie de ses droits dans la langue qu’elle maîtrise. Mais cette obligation légale met les policiers en rogne. Samedi soir en effet, une policière a été violemment agressée par un homme, à Calais, comme l’ont rapporté nos confrères d’Europe 1. 

Trois collègues ont voulu interpeller trois personnes qui étaient montées dans un camion, sur un parking. Au moment de la palpation, l’un d’entre eux s’est défendu, puis une quinzaine de migrants sont arrivés et s’en sont pris à ma collègue“, explique Gilles Debove, responsable du syndicat SGP dans le Calaisis. 

La policière souffre aux jambes et reçoit 6 jours d’ITT. “Mais c’était surtout psychologique, elle n’a pas compris pourquoi elle s’est faite agresser alors qu’elle faisait simplement son travail“, poursuit Gilles Debove. 

Pas de traducteur

L’agresseur présumé est arrêté et emmené au commissariat. Sauf que. “Il a expliqué qu’il parlait konso, c’est un dialecte très peu répandu, même en Ethiopie“, précise le policier. Or, aucun traducteur n’est disponible pour lui traduire ses droits. L’homme a donc été relâché. 

Il y a deux poids, deux mesures“, s’agace Gilles Debove. “Au commissariat de Calais, il ne se passe pas 15 jours sans qu’il y ait une enquête de l’IGPN pour des faits remontant parfois à deux ans. Là on a une agression de policière, c’est grave, et rien n’est fait.

Pour lui, seule l’ouverture d’une instruction systématique lors de ce genre d’agression permettrait de résoudre ce problème, en laissant du temps aux personnes interpellées de réfléchir leur défense et accepter de parler dans leur langue de naissance ou en Anglais

Source

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/calais/calais-homme-soupconne-avoir-agresse-policiere-relache-faute-traducteur-1485873.html